Samedi 18 octobre 2008

Pour la motion B, le Pôle écologique, ont répondu aux questions des internautes :


- Géraud Guibert (responsable national à l’écologie)

- Marie-Sophie du Montant (mandataire de la motion à Paris)

- Bruno Rebelle (ancien conseiller développement durable de Ségolène Royal)

- Maurice Ronai (délégué national NTIC)


benoit93 : Qu’est-ce qui vous a poussé à créer le pôle écologique en marge du PS ? Le parti n’est-il pas assez mobilisé, selon vous, sur les questions relatives à l’écologie ?

Géraud Guibert : Le pôle écologique du PS n’est pas en marge, mais il est composé de militants, élus et responsables de toute région, génération et sensibilité d’origine du Parti. Il s’est créé il y a quelques mois en constatant que le Parti ne prenait pas du tout assez en charge ces sujets, et qu’il avait trop souvent, sur des points de débats comme la politique énergétique, les OGM, le nucléaire, des positions floues et contradictoires. Notre volonté est de faire en sorte que l’orientation politique qui sorte de ce congrès soit de faire face de façon prioritaire à la double urgence sociale et écologique.


Elo : En quoi cette motion est un ensemble cohérent? Dans une vidéo qui est sur le site du PS, vous prenez un malin plaisir à annoncer que vous ne voterez finalement pas pour le même premier secrétaire, après le congrès….

Géraud Guibert : Pour nous, conformément aux statuts du Parti, le vote pour une motion est un choix d’orientation politique. Comme tu le sais, il y a un deuxième vote le 20 novembre pour élire le Premier secrétaire. Nous regrettons que les débats sur le fond soient obérés par les choix de personnes, qui sont en vérité la seule chose qui distingue trois des six motions. Nous pensons en revanche que l’orientation que nous portons, la lutte contre l’urgence sociale et écologique est nouvelle pour le Parti et mérite d’être défendue en tant que telle.


Nicolas : Allez-vous être les Nicolas Hulot du congrès, faisant pression sur les “grands candidats”, avant de vous retirer de la course au dernier moment ?

Bruno Rebelle : Avec le pôle écologique, nous avons déjà pesé significativement sur la rédaction de la Déclaration de Principes, nous avons continué avec une contribution générale à promouvoir l’importance de la question écologique dans la refonte du Projet socialiste. Nous avons posé une motion parce qu’il ne nous semble pas que les autres motions aient intégré de manière suffisamment structurelle les enjeux que nous portons. C’est pour cela que nous irons jusqu’au bout.


Bernard : Pour vous, l’écologie est-elle de gauche ?

Bruno Rebelle : Oui, l’écologie est de gauche car la gestion précautionneuse des ressources nécessite un partage équitable de ces ressources parce qu’il y aurait aussi un risque à laisser l’argent dicter des comportements qui seraient plus vertueux, imposant aux plus modestes des comportements moins écologiques. La convergence des crises écologiques et sociales impose une réponse sociale et écologique.


dominique33 : Selon Al Gore, ce sont les intérêts financiers qui entravent le basculement vers les énergies alternatives. Qu’en pensez-vous ?

Marie-Sophie du Montant : Oui, le poids des lobbies pétroliers, du gaz et du nucléaire entrave le développement des énergies renouvelables et des économies d’énergie, qui repose beaucoup plus sur des choix décentralisés, des technologies moins intensives en capital.


Jojo : Avez-vous des partis pris dès la naissance du groupe (comme par exemple, sur les OGM) ou bien, vous ferez-vous assister par des scientifiques dans les différents domaines après le congrès, lorsqu’il aura été décidé de prendre les choses au sérieux, avec une ouverture d’esprit totale ?

Maurice Ronai : L’émergence d’un nouveau modèle de développement requiert un vrai investissement dans la recherche et dans l’innovation. Les économies d’énergie et les énergies renouvelables constituent un gisement d’innovation et d’emplois. Tout cela soulève la question de la capacité de nos sociétés, de nos systèmes politiques à orienter et réorienter le changement technique. Nous prônons le développement d’une démocratie des choix scientifiques et techniques, qui ne peuvent pas reposer uniquement sur les décisions de grands groupes industriels.


Guillaume : Bonsoir, quel lien faites-vous entre la crise écologique et la crise financière ?

Géraud Guibert : Elles ont la même origine : le libéralisme économique échevelé, au profit de quelques uns. Elles risquent d’avoir les mêmes effets au détriment des plus faibles, et des plus démunis. La vraie différence est que la crise écologique risque de durer sur plusieurs décennies et exige un changement complet non seulement des règles encadrant les lois du marché mais aussi de l’ensemble du mode de production et de consommation.


Benoît : Ne craignez-vous pas qu’un faible score de votre motion soit néfaste à l’avenir pour les thématiques écologiques dans le parti ?

Marie-Sophie du Montant : Non, peu importe notre score que nous espérons le plus haut possible. Nous avons réussi à installer durablement le débat, à promouvoir nos idées qui ont été reprises dans différentes motions et, je l’espère, à faire prendre conscience que la crise écologique est une crise sociale.

Géraud Guibert : Mais ce sera plus facile de continuer à défendre avec efficacité ces idées, si beaucoup de militants - et pourquoi pas toi ? - votent pour notre motion.

Marie-Sophie du Montant : Et vous pouvez nous rejoindre sur www.monpoleecologique.fr


Flora : Que pensez-vous du Grenelle de l’environnement? Est-ce une réelle avancée en termes d’écologie? Comment aller plus loin pour faire prendre conscience aux citoyens de la gravité de la situation?

Bruno Rebelle : Le Grenelle de l’environnement a plutôt bien commencé. Cette initiative était la réponse du candidat Sarkozy pendant la présidentielle, à un moment où il n’avait pas grand chose à dire sur l’environnement. Si l’on s’en tenait aux conclusions d’octobre 2007, nous aurions pu saluer des avancées intéressantes. Mais un an après, le jeu des lobbies et la réticence des parlementaires de la majorité présidentielle ont considérablement érodé les ambitions initiales. Ce qui risque de rester après l’examen de la loi Grenelle 1 ne permet certainement pas de répondre aux enjeux écologiques auxquels nous sommes confrontés. Cela n’est pas simplement à la responsabilité des citoyens qu’il faut faire appel, c’est aussi à l’autorité de l’Etat, à l’action des collectivités locales et à l’engagement des entreprises qu’il faut faire appel.


Laurene_7 : Bravo pour votre engagement! Avez-vous trois phrases « choc » que nous pourrions reprendre, notamment sur le net, pour persuader de la pertinence de votre combat au sein du PS ?

Marie-Sophie du Montant : Merci Laurene. Difficile de résumer notre combat à trois phrases mais tu peux retenir : - la crise écologique est une crise sociale

- choisir la conviction et non le combat de chef

- le PS doit être un Parti résolument écologique

 

Lire la suite ici : http://congresdereims.parti-socialiste.fr/2008/10/15/chat-motion-b/


Par Pôle écologique 29
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  • : Le pôle écologique du PS regroupe des élus et des militants socialistes de toutes générations, régions et sensibilités qui agissent pour que leur parti tire profondément dans sa rénovation les conséquences de la crise écologique et climatique sur le devenir des sociétés humaines. Parce que la question sociale et la question environnementale sont les deux faces d'une même médaille.
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