La crise financière va aggraver la crise
structurelle sociale et écologique qui lui préexistait, et qui frappe de plein fouet les plus démunis de nos concitoyens. Contrairement aux préceptes du libéralisme, elle exige que l’Etat
renforce considérablement son rôle de prévention et d’anticipation. Un nouveau Bretton-Woods doit permettre l’élaboration coordonnée de nouvelles régulations financières :
interdiction des paradis fiscaux, nouvelle réglementation des financements des banques et de la rémunération des « traders » et des dirigeants bancaires, interdiction de certaines
opérations spéculatives, nouveaux dispositifs publics de financement du logement et des PME. Ces mesures doivent permettre aux entreprises de s’affranchir de la « norme » de
rentabilité excessive qui s’applique à elles, comme le secteur de l’économie sociale a réussi à le faire. Ramener cette « norme » à un niveau soutenable favorisera le
rétablissement de l’équilibre capital travail dans le partage de la valeur ajoutée. A court terme, l’urgence sociale et écologique suppose des mesures fortes, au niveau français et européen.
Alors que le paquet climat européen est pour le moment très décevant sur l’efficacité énergétique et que les moyens prévus dans la loi de finances pour appliquer le Grenelle de l’environnement
restent dérisoires, il est temps de passer aux actes pour une relance écologique de l’emploi et du pouvoir d’achat. C’est pourquoi le pôle écologique du PS propose que soient décidées
dans les plus brefs délais six mesures immédiatement applicables:
- un plan massif permettant, sur deux ans, la rénovation thermique de l’ensemble des logements sociaux et le développement des énergies renouvelables. Ceci entraînera des gains substantiels de
pouvoir d’achat (diminution de charges), créera des emplois dans le secteur du bâtiment et contribuera à la diminution des émissions de gaz à effet de serre.
- un nouveau dispositif d’emplois écologiques aidés, avec notamment la prise par la prise en charge du coût de la formation et de la qualification, afin de répondre aux besoins immenses qui
vont s’ouvrir. Celui-ci s’ajoutera au développement nécessaire d’autres emplois aidés, pour l’accompagnement des personnes âgées et le soutien scolaire aux élèves ;
- un soutien véritable, par des crédits budgétaires, à l’agriculture biologique et respectueuse de l’environnement, créatrice d’emplois non délocalisables, et permettant d’inverser les prix des
produits alimentaires, et donc là aussi de dégager du pouvoir d’achat ; C’est par cette mesure que l’on luttera contre une alimentation à deux vitesses : la qualité pour ceux qui
peuvent payer et la malbouffe pour les autres.
- le lancement d’un plan véritable, doté de financement, pour des infrastructures de transport « propres » (transports en commun en ville, fret ferroviaire, nouvelles voies TGV et
navigables) permettant de soutenir l’investissement et donc l’emploi ;
- la création d’une taxe énergie carbone, selon les principes fixés par l’amendement qui vient d’être déposé par les parlementaires du pôle écologique ;
- le lancement immédiat d’une négociation interprofessionnelle sur les bas salaires et la revalorisation des minima sociaux. Nous proposons que ces actions soient financées par quatre
sources : l’abandon du « paquet fiscal » et du bouclier fiscal ; le produit de la taxe énergie carbone ; une taxation exceptionnelle des sur-profits des compagnies
pétrolières ; le redéploiement des financements consacrés aujourd’hui à la construction en France du réacteur nucléaire EPR et des autoroutes dont l’utilité sociale n’est pas démontré.
Par Pôle écologique 29
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